Achoura: Histoire de Zaynab (As)
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Achoura: Histoire de Zaynab (As)

Achoura: Histoire de Zaynab (As)La fille de l’Imam Ali et de Fatima, la sœur de l’Imam Hassan et de l’Imam Hossein, a joué un rôle important dans l’histoire du martyr de l’Imam Hossein. C’est pourquoi, il est important pour cerner cette histoire de revenir sur son enfance car pour cette Grande Dame, l’histoire de Karbala débuta dès sa plus jeune enfance.

 

 

 

 

Lorsqu’elle naquit en l’An 5 de l’Hégire, Fatima se présenta à l’Imam Ali, sa fille dans les bras, le sollicitant de lui donner un prénom. Il répondit qu’il ne pouvait devancer le Messager de Dieu. Le Prophète étant en voyage, l’Imam attendit son retour. A son Arrivée, le Messager lui dit qu’il ne pouvait lui-même devancer Dieu dans ce choix. C’est alors que l’Ange Gabriel descendit et lui révéla de la nommer Zeïnab. Le Messager de Dieu s’adressant à sa fille: – «Ô ma fille Fatima! Apporte-moi ta fille!»

Le Messager de Dieu la prit dans ses bras, la serra contre lui, posa sa joue contre la sienne et se mit à pleurer, les larmes coulèrent à flots sur ses joues bénies.

– «Quelle est la raison de tes pleurs, mon cher père ?»

– «Ô ma fille! Ô Fatima! Sache que ta fille sera beaucoup éprouvée et supportera de nombreuses difficultés! Sache ô joie de mes yeux que celui qui s’attristera du sort de Zeïnab sera au même rang que celui qui s’attristera du sort de ses frères Hassan et Hossein!»

Zeïnab eut le privilège de vivre dans l’entourage du Prophète durant cinq années. Le Messager l’asseyait régulièrement sur ses genoux et discutait avec elle, il aimait lui accorder un peu de son temps.

Les jours du Messager de Dieu touchaient à leur fin et comme à l’accoutumé, l’Imam Ali et son épouse Fatima se nourrissaient des paroles du Messager. Ce jour-là, chacun raconta au Messager son rêve. Le Messager de Dieu traduit leur rêve comme étant la prédiction de sa future disparition de ce Bas Monde. A peine l’explication donnée, les voix s’élevèrent par les pleurs et les lamentations. Ceux-ci attirèrent Zeïnab qui était encore petite:

– «Ô Grand-Père! La nuit dernière, j’ai rêvé qu’une tempête soufflait. Elle obscurcit le monde et tout ce qu’il contenait et l’enténébra. Le vent me faisait vaciller ça et là. Soudain, je vis un arbre immense, le vent était si fort que je m’y accrochai. Mais le vent arracha l’arbre qui tomba sur le sol. Je me rattrapai à l’une de ses branches, la plus forte d’entre elles mais elle se cassa aussi. Je m’accrochai encore à une autre branche mais celle-ci aussi se cassa. Je m’accrochai à l’une des deux divisions de cette même branche mais elle se cassa aussi. Puis je me réveillai…»

Le Messager de Dieu pleura et lui expliqua son rêve:

– «L’arbre c’est ton Grand-Père, la première des branches ta mère Fatima, la seconde branche ton père Ali et les deux autres branches tes frères Hassan et Hossein. Le monde s’obscurcira par leurs disparitions et tu porteras l’habit du deuil.»

L’Imam Ali passait aussi beaucoup de temps avec sa fille. Un jour, assise dans son giron, elle dit à son père:

– «Est-ce que tu m’aimes papa ?»

– «Bien-sûr que je t’aime ma fille, pourquoi me demandes-tu cela ?»

– «Comment peut-il y avoir de l’amour pour moi dans un cœur que tu as réservé à l’Unique ?»

– «Ô ma fille! L’amour que je te porte c’est de l’amour pour Dieu !»

Durant toute son enfance, Zeïnab ne cessait d’accompagner son frère Hossein à tel point qu’elle ne s’asseyait qu’à ses côtés. Sa mère Fatima, ayant remarqué cette particularité, en informa le Messager de Dieu. Celui-ci pleura et l’informa du futur destin de sa fille: ses épreuves, son rôle et sa participation aux côtés de son frère Hossein.

Zeïnab se maria à son cousin Abdullah, fils de Jafar Tayyar. Elle enfanta de cette union quatre fils ainsi qu’une fille.

Le rêve de son enfance et l’amour qu’elle portait à son frère témoignaient de sa future présence à ses côtés à Karbala. Avant leur départ pour la Mecque, Zeïnab s’installa chez son frère à Médine.

L’un des cousins de l’Imam, Abdullah fils de Abbés, se rendit chez l’Imam Hossein afin de le dissuader de partir pour la Mecque mais l’Imam refusa. Et Abdullah de dire:

– «Je t’en prie Hossein s’il te faut partir alors renonce à prendre les femmes et les enfants»

– «Ô mon cousin Abdullah! J’ai vu le Prophète en rêve et il m’a donné un ordre, je ne peux faillir à cet ordre qui est de prendre les femmes et les enfants avec moi.Ô mon cousin! Elles sont une partie du Messager de Dieu, personne ne peut les protéger et jamais elles n’accepteront de se séparer de moi.»

Abdullah entendit des pleurs et une voix provenant de derrière lui:

– «Ô Abdullah! Tu veux inciter notre maître et notre suzerain à nous laisser ici et le laisser partir tout seul! Bien au contraire, nous vivrons avec lui ou nous mourrons avec lui! Le temps nous a-t-il laissé un autre que lui?»

C’était Zeïnab… Abdullah ne put retenir ses larmes devant de telles paroles.

Deux jours avant la fin du mois de Rajab, l’Imam prit le départ pour la Mecque avec les femmes, les enfants, son fils Ali Zeïn Abidine et sa sœur Zeïnab. Abdullah, l’époux de Zeïnab, ne put se joindre à eux car il était aveugle.

Ils arrivèrent à la Mecque un vendredi, le troisième jour du mois Chaban. Durant son séjour, l’Imam envoyait des messagers pour correspondre avec ses différents compagnons et partisans situés en dehors de la Mecque. Abdullah, le mari de Zeïnab, correspondait ainsi avec l’Imam. A la réception de son dernier message, Abdullah comprit le futur sort de l’Imam. Zeïnab rejoignit son mari afin de lui demander la permission d’accompagner son frère:

– «Ô mon mari et mon cousin! Me permets-tu de partir avec mon frère?»

– «Ô ma femme et ma cousine! J’aurais tant aimé accompagner mon cousin et mon maître Hossein. Malheureusement, mon état ne me permet pas de réaliser cette noble tâche mais acceptes-tu que nos fils, Aoun et Mohammed, accompagnent leur oncle Hossein?»

Sans tarder, elle fit ses adieux à son mari qui lui donnait entière satisfaction et rejoignit son frère Hossein accompagné de ses fils.

Yazid ordonna à Amr de partir en pèlerinage et de tuer l’Imam où qu’il le trouve. L’Imam décida de quitter la Mecque avant même d’achever le Pèlerinage. Il se contenta d’une simple Oumra afin que son sang ne soit pas versé dans l’enceinte sacrée. Ainsi, le huitième jour du mois de Dhu Hijja, l’Imam quitta la Mecque en direction de l’Iraq.

En chemin vers l’Iraq, dans une ville nommée «Khazimiya», Zeïnab s’approcha de son frère:

– «Mon frère! Puis-je t’informer de ce que j’ai entendu cette nuit?»

– «Qu’as-tu donc entendu ma sœur?»

– «J’ai entendu quelqu’un qui acclamait:

Mes efforts seront-ils protégés?

Qui pleurera les martyrs après moi?

Avec un peuple qui m’a vendu

A vil prix pour une promesse.

– «Ô ma sœur! Ce qui doit être sera!»

Elle comprenait le triste sort qui attendait l’Imam. Ses yeux furent envahis par les larmes mais elle ne manifesta pas son émotion afin que ni les femmes ni les enfants ne se rendent compte de la situation. C’est ainsi qu’elle cacha tout au long du voyage son émotion et sa tristesse. De temps à autre, durant le voyage, l’Imam récitait des vers de poème qui contaient les futurs événements de son martyr. Zeïnab se rapprocha de nouveau de lui:

– «Quel lourd fardeau! Je préférerais disparaître ! Hier, ma mère Zahra, mon père Ali et mon frère Hassan et aujourd’hui…Toi! …»

– «Ô ma chère sœur! Cherche le soulagement en Dieu et sache que les gens de la terre sont amenés à disparaître alors que les gens du ciel demeurent. Toute chose est amenée à disparaître sauf Sa Face et il y a dans le Messager de Dieu pour les musulmans et moi, un excellent modèle.»

L’Imam, accompagné de sa sœur Zeïnab, des femmes et des enfants, atteignit Karbala le deuxième jour du mois de Moharrem.

La dixième nuit, Zeïnab se rendit dans la tente de son frère, vêtue de la tunique de sa mère Fatima. L’Imam, affûtant son épée, leva les yeux vers sa sœur et lui fit signe de s’asseoir. Zeïnab était inébranlable, elle contenait son angoisse et cachait sa tristesse. Elle portait ses regards sur son frère afin qu’il s’empresse de l’informer des nouvelles. L’Imam, ayant deviné le souhait de sa sœur, entra dans les détails de leur futur sort face aux soldats ennemis: le martyr des membres de sa famille, de ses compagnons et de son fils nourrisson. Puis il encouragea sa sœur à être patiente, à tirer des leçons de ses expériences et à veiller sur les enfants et les femmes.

Cette nuit-là, dans son discours d’adieux à sa famille, l’Imam s’adressa à sa sœur Zeïnab en ces termes:«Ô ma chère sœur! Ne m’oublie pas dans tes prières !»

Le dixième jour, après le martyr de tous les descendants de la famille du Prophète, ce fut au tour des enfants de Zeïnab; ceux avec lesquels elle veillait la nuit, dont elle s’occupait le jour et pour lesquels elle dépensa sa vie. Son fils Aoun tomba en martyr le premier puis ce fut au tour de son frère Mohammed. C’est au plus cher de sa vie qu’elle renonçait en donnant ses fils en sacrifice et malgré tout elle ne manifesta aucune tristesse tant ses sentiments pour son frère Hossein étaient intenses.

Ses proches et ses compagnons étaient tous tombés en martyrs. L’Imam était maintenant seul sur la terre de Karbala, il monta son cheval, les femmes l’encerclèrent, lui firent leurs adieux et l’Imam répétait cette parole:«Vous êtes mes témoins!» Il s’avançait vers le champ de bataille lorsqu’il entendit un appel provenant de derrière lui:

– «Mon frère Hossein arrête-toi un instant!»

achoura 2010L’Imam se retourna et aperçut sa sœur Zeïnab. Il revint vers elle:

– «Que veux-tu ma chère sœur?»

– «Mon frère! Je te prie de descendre de ton cheval!»

L’Imam descendit de sa monture. Zeïnab s’approcha de lui:

– «Mon frère! Découvre ton cou et ta poitrine!»

L’Imam découvrit son cou et sa poitrine. Zeïnab embrassa son cœur et sentit son cou puis elle tourna la tête vers Médine et s’écria: «Maman! Ô Zahra! J’ai rendu les adieux que tu m’as confiés et je me suis acquittée du dépôt!»

– «Ma sœur! De quels adieux et de quel dépôt parles-tu?»

– «Mon frère! Sache que lorsque notre mère Zahra s’approcha de la mort, elle m’appela auprès d’elle. Elle m’embrassa sur le cœur, sentit mon cou et me dit:«Ceux-ci sont mes adieux à ton frère Hossein. Lorsque tu le verras seul sur la terre de Karbala, sens son cou car il sera frappé par les épées et embrasses-le sur le cœur car il sera piétiné par les sabots des chevaux!»

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2 comments

  1. Mondeceleste

    Merci pour ce souvenir, prendre conscience que cette histoire doit être notre histoire et la vivre n’est pas chose facile, nous vivons dans une société qui fait tout pour que nous oublions. S’engager à être le partisant de Hussein n’est pas que sur les mots mais sur les actes. Que Dieu nous aide à tenir notre pacte et surtout à ne pas « tourner le DOS » le jour de l’appel.

    LABAYKA YA HUSSEIN !!!

  2. SRCM

    Merci beaucoup pour le rappel de ces belles histoires.
    Elles sont belles car elles racontent le sacrifice de la création divine pour protéger le message de l’Islam et permettre aux générations suivantes d’adorer leur seigneur et d’embrasser cette si belle religion. C’est un rappel à tous les musulmans, c’est grâce à notre Imam bien aimé que nous sommes musulmans aujourd’hui, il a sacrifié sa famille pour nous, à nous d’être à la hauteur de son sacrifice…

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