Achoura : Histoire de Qasim.
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Achoura : Histoire de Qasim.

 

Que Dieu prie sur toi ! Ô notre seigneur ! Ô notre maître ! Ô Messager de Dieu !

Que Dieu prie sur toi ! Ô notre seigneur ! Ô notre maître ! Ô Aba Abdallâh!

Ô Hossein fils d’Ali, prince des croyants, et fils de Fatima Zahra !

Ô l’exilé de Karbala ! Ne perds pas celui qui s’accroche à vous !

Si seulement nous avions pu être avec vous, mes maîtres ! Nous aurions remporté une victoire immense !

 

Vidéo : Histoire de Qasim.

Après la mort de Ali Akbar. Un jeune homme se présenta devant l’Imam Hossein:

«Mon oncle, je viens te demander la permission d’aller au combat.»

Ce jeune homme, presque un enfant, était Qasim, le fils de son frère l’Imam Hassan.

L’Imam Hossein sous le choc du martyr de son fils, dit:

«Certes c’est à Dieu que nous appartenons, et c’est à lui que nous retournons.»

La nuit précédente Oum Farwa, la mère de QASIM avait appelé son fils sous sa tente. Elle le prit dans ces bras et lui dit:

«QASIM, mon fils! Sais-tu pourquoi je t’ai appelé?»

«Je voudrais te rappeler ton devoir envers ton oncle Hossein.

AchouraJe veux te dire quelque chose de l’amour unique que ton père porté pour son frère Hossein. Ils étaient si proches l’un de l’autre que toujours ils pensaient et agissaient ensemble. La moindre peine ressentie par l’un faisait souffrir l’autre à l’instant même. Ils étaient plus unis que deux jumeaux. Si ton père était encore de ce monde, j’imagine, sans peine, ce qu’il aurait ressenti aujourd’hui. Nul doute qu’il serait le premier à se lever et à sacrifier sa vie pour défendre son frère Hossein. Quand ton père est mort, tu étais trop jeune pour comprendre. Et ses dernières paroles sur son lit de mort furent les suivantes:»

« Oum Farwa je te confie ainsi que mes enfants à la garde de Dieu et de mon frère Hossein. Quand Qasim sera grand, tu lui diras que ma dernière volonté et qu’il se tienne près de Hossein contre vents et marrés. Je vois venir un jour où mon frère sera assailli de toutes parts et trahi par tous. Ce jour là, il aura besoin du soutien sans faille de ses proches. Je veux que tu prépares Qasim dès son enfance pour qu’il soit prêt lorsque viendra ce jour.»

«Maman je ne sais pas comment te remercier pour ce que tu viens de me dire. Aussi loin que remontent mes souvenirs, je n’ai jamais su ce qu’est l’Amour d’un père. Mais je sais que si mon père avait vécu, il n’aurait pas pu me donner plus de tendresse et d’affection que ne l’a fait mon oncle Hossein. Jamais il ne m’a laissé un instant me sentir orphelin. Ô mère comment pourrais-je oublier tout ce que je lui dois et comment pourrai-je être à ce point ingrat envers lui. Quel goût aura pour moi la vie sans lui? Sans mon oncle Abbas? Sans Ali Akbar? Sans Aoun et Mohammad? (les deux fils de Zeïnab)»

L’Imam Hossein regarda avec tendresse le jeune homme qui se tenait devant lui. Il secoua la tête et dit:

«Qasim mon fils chéri comment pourrais-je te permettre de partir quand je sais que la mort est au bout du chemin? Ton père, mon cher Hassan, m’a confié ta garde: mon cœur tremble à la pensée de t’envoyer au supplice!»

La réponse de l’Imam brisa le cœur de Qasim. Il resta immobile, tête baissée, ne sachant que dire et que faire pour arracher à son oncle l’autorisation tant souhaitée.

Apprenant la nouvelle du martyr de ses cousins Aoun et Mohammad suite a l’intervention de leur mère Zeïnab auprès de l’Imam Hossein, il se hâta d’aller voir sa mère (Oum Farwa). Et lui raconta son amertume suite à ce qui s’est passé. Il dit: «Si je ne dois pas mourir en martyr aujourd’hui, quel intérêt présentera pour moi la vie. Suis-je destiné à être esclave et vivre dans ce bas-monde comme un prisonnier?»

Oum Farwa se remémora ce que son époux l’Imam Hassan lui avait confié juste avant de mourir: qu’un jour Qasim serait désespérait au-delà de toute description. Il lui avait remis une lettre cachetée qu’elle devrait lui remettre alors. Elle alla chercher la lettre et la tendit à Qasim.

Les doigts tremblant d’impatience et d’angoisse celui-ci brisa le sceau. Il déplia la lettre et lut:

«Mon enfant, quand cette lettre te parviendra, j’aurais cessé de vivre depuis longtemps quand tu liras ceci tu seras déchirer par un conflit entre ton désir intense de faire ton devoir et de montrer ton Amour pour ton oncle Hossein, et l’amour que celui-ci te porte et qui le pousse à t’empêcher de remplir ton obligation c’est en prévision de ce jour que je t’écris cette lettre. J’y joins une autre lettre qui lui est destinée. Remet-là à ton oncle. Il te laissera accomplir ce que ton cœur désir! Qasim lorsque tu liras cette lettre le temps de notre séparation sera près de finir, hâtes-toi, mon enfant! Je t’attends!»

Qasim, transporté de joie, replia la lettre et fit ses adieux à sa mère. Il courut porter le message à son oncle.

L’Imam Hossein reconnu au premier regard l’écriture de son frère. Surpris, il l’ouvrit, il lut le message qui lui était destiné:

«Mon cher Hossein lorsque tu liras cette lettre tu seras assailli de toutes parts de soucis et de chagrin. Les corps sans vie de tes proches joncheront le sol partout autour de toi je ne serais plus là pour donner ma vie pour toi mais je laisse derrière moi Qasim qui sera mon représentant auprès de toi. Hossein je te demande de ne pas repousser mon offre. Au nom de l’Amour que tu me portes, laisse Qasim combattre pour te défendre, laisse-lui connaître la gloire du martyr.»

L’Imam Hossein fut soudain submergé par le souvenir de son frère, et il ne put retenir ses larmes à la pensée de cette ultime preuve d’Amour. Par delà la tombe, Hassan lui laissait son fils Qasim pour le défendre en ce jour!

L’Imam Hossein se reprit avec effort. Il leva les yeux vers Qasim:

« Mon cher enfant! La volonté de ton père est pour moi un ordre. Il ne me laisse guère le choix. Va Qasim! C’est ce que veut ton père. Le martyr est ton destin. Je dois l’accepter!»

Qasim retourna faire ses adieux à sa mère. Oum Farwa lut la satisfaction sur le visage de son fils, et comprit que l’heure était arrivée. Lentement elle se leva:

«Mon fils, toutes ces années, j’ai attendu le jour où tu atteindrais l’âge de te marier, et pour cette occasion j’ai gardé le vêtement que portait ton père le jour où il m’a épousé… Je voulais te demander de le porter le jour de ton mariage. Mon fils! Puisque le destin en a décidé autrement, je souhaite que tu revêtes aujourd’hui ce vêtement de mariage, pour entreprendre le voyage dont on ne revient pas. La coutume veut que le jeune marié teigne ses mains de henné… Je n’en ai pas et tu n’en as d’ailleurs pas besoin puisque tes mains seront bientôt couvertes de ton propre sang!»

Revêtu des habits de noces de son père, Qasim en était le vivant portrait. Il embrassa sa mère, salua sa tante Zeïnab puis vint embrasser avec respect les mains de son oncle Hossein.

L’Imam Hossein eut à cœur de tenir lui-même la bride du cheval pendant que Qasim montait en selle. Il le salua de ses mots:

«Qasim je ne serais pas long à venir te rejoindre.»

Qasim s’avança vers la horde hurlante. Quand il parla le silence se fit. Son éloquence était celle de son grand-père l’Imam Ali. Les mots que portait sa voix juvénile faisaient baisser vers le sol les regards de ces brutes sans âme. Qasim, âgé à peine de 14 ans se battit puisqu’il fallait se battre! Il se battit avec tant de fougue et tant d’habileté que son oncle Hossein, qui observait le combat, ne put retenir un cri d’admiration. Plus un seul mercenaire n’osait l’affronter maintenant il avait beau les défier tous, tous se récusaient. Alors Omar fils de Saad ordonna de lancer l’assaut contre le jeune homme… Toute une armée contre un enfant de 14 ans à peine.

Des centaines de poignards, d’épées, de lances, de flèches venant de toutes les directions pour venir à bout d’un enfant!

Qasim, couvert de blessures de la tête aux pieds, lança son dernier cri d’adieu à son oncle.

L’Imam Hossein sauta en selle et chargea, sabre au clair. Il se fraya un chemin au milieu de la horde de lâches, et seul le souvenir des charges de l’Imam Ali à la bataille de Siffine peut donner une idée de la violence avec laquelle il mit en fuite l’armée du tyran. Dans leur course éperdue pour sauver leurs vies minables, les soldats de Yazid piétinèrent le corps sans vie de Qasim. Quand le champ fut nettoyé de tous ces couards, et qu’il put enfin s’approcher de son neveu, l’Imam Hossein découvrit que le corps du garçon avait été déchiqueté en lambeaux!

«Mon Dieu qu’est-ce que ces lâches ont fait de mon Qasim?»

Il fallut un long moment à l’Imam Hossein pour se ressaisir. Il entreprit de rassembler les morceaux du corps de Qasim dans un morceau de tissu. Il chargea le paquet sur ses épaules fatiguées, et c’est d’un pas pesant qu’il repartit vers le campement:

«Mon pauvre Qasim ta mère t’a envoyé au combat vêtu comme un jeune marié, et je te ramène à elle le corps coupé en morceaux!»

En approchant du camp il s’exclama encore:

«Mon dieu! N’a t’on jamais vu un oncle transporter le corps de son neveu dans un tel état?»

Quand il mit pied à terre l’Imam Hossein appela son frère Abbas. Il lui dit d’aller chercher les femmes. Il confia à Fidha, la servante dévouée de Fatema, sa mère, le soin de réconforter autant qu’elle le pourrait Oum Farwa et Zeïnab, car le spectacle de la dépouille de Qasim était bien de nature à les tuer. Fidha fit de son mieux pour les préparer à la vision cruelle. Puis elle dénoua le macabre paquet. Les hurlements d’horreurs des femmes retentirent longtemps dans la plaine de Karbala.

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