Le Serment - Série
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Le Serment – Série

film_serment01 « Le serment » : la mini-série anglaise consacrée à la création sanglante d’Israël et diabolisée par la mouvance sioniste internationale

Pour le passage à 2015, la chaîne Arte (service public) a proposé aux téléspectateurs de visionner « Le Serment », mini-série dramatique de quatre épisodes. Le thème : le périple initiatique d’une jeune Londonienne partie, durant l’été 2005, en Israël pour soutenir une amie entamant son service militaire et éveillée, au fur et à mesure, à la découverte des enjeux politiques locaux à la faveur de la lecture du journal intime de son grand-père, ex-soldat passé par la Palestine de 1945 à 1948, à la fin du mandat britannique. Construit intelligemment sur deux temporalités, « Le Serment » a l’ambition de nous plonger dans la brutalité de cette histoire.

L’originalité de la série repose sur un parallèle entre les expériences croisées des deux britanniques qui, au début de leurs aventures simultanées sont en sympathie avec les juifs, ce qui n’est plus le cas à la fin de la saga : le soldat a déserté l’armée pour sauver un enfant palestinien des mains de juifs armés ; la jeune fille qui a perdu sa naïveté initiale, rentre en Angleterre effondrée par le sort des Palestiniens Produit par l’Israélien Amir Harel et les Britanniques David Aukin et Hal Vogel, le téléfilm est basé sur le témoignage de 82 vétérans de l’armée britannique selon son réalisateur et scénariste Peter Kosminsky. Diffusé en mars 2011 par Canal+ puis en avril 2012 sur Arte, « Le Serment » a été présenté, lors de sa rediffusion du Nouvel An, comme une série « anti-israélienne et anti-juive » par le site du CRIF. Une rhétorique similaire fut auparavant employée par l’ambassade d’Israël en Grande-Bretagne -en osmose avec la « Fédération sioniste » locale, et nombre de personnalités ou associations pro-sionistes ont fustigé la série qui a eu l’audace d’exposer deux tabous du cinéma occidental : le terrorisme sioniste durant la période précédant la création de l’entité israélienne après la seconde guerre mondiale et la triste réalité de la vie des palestiniens sous l’occupation sioniste.

En effet, le téléfilm retrace un pan peu connu et pourtant décisif de l’histoire de la Palestine, celui de la fin du mandat britannique qui s’exerça de 1922 à 1947 et qui visait, selon les termes de la déclaration d’Arthur Balfour à L.W. Rothschild (1917), à l’établissement d’un « foyer national juif en Palestine ». Sans revenir sur les origines de ce mandat, le film entame son intrigue en 1945, alors que les troupes Anglaises débarquent en Palestine afin endiguer les flux massifs de migrants Juifs venus d’Europe pour rejoindre la terre que les militants sionistes leur ont promis.

FILM LE SERMENT

Il tisse son propos autour d’événements dramatiques : la libération d’un camp en Allemagne, l’arrivée des déportés en Palestine, la lutte à mort opposant la milice juive Irgoun aux Britanniques, l’attentat de l’hôtel King David, le carnage de Deir Yassin (massacre d’un village palestinien perpétré par l’Irgoun), l’exode des Arabes et la conquête de leurs maisons par les juifs.

«Le serment» nous permet aussi de découvrir les terribles conditions de vie actuelles des Palestiniens, victimes de la violence des colons et des brimades et humiliations causées par l’armée d’occupation (check points, utilisation de boucliers humains…). Même la gauche israélienne est dépeinte comme caution morale de l’entité hébreu, permettant ainsi de justifier l’expansion sioniste en émettant un semblant de discours contestataire, et donnant à Israël un vernis « démocratique » afin de couvrir la réalité d’un état militaire brutal et colonial.

Indéniablement, le film présente à juste titre les Palestiniens comme les victimes innocentes de cette histoire, ce qui a suscité l’ire des mouvements sionistes, accusant le cinéaste de parti pris. Ce dernier affirme pourtant se refuser à juger la situation bien que ce qu’il montre de la naissance sanglante de l’État hébreu et du traitement des Palestiniens aujourd’hui est accablant pour Israël.

Sans préjuger du souci d’objectivité du réalisateur, on peut néanmoins ajouter quelques bémols : Les britannique semblent exonérés de toute responsabilité historique, alors que c’est l’état anglais qui est à l’origine de la situation, via la déclaration Balfour et on a peine à croire à la naïveté de l’armée de sa majesté telle que dépeinte dans le film (manipulation et culpabilisation par les activistes juifs). De même, la thèse reprise dans la série et affirmant que les militants sionistes Européens ont transféré des milliers de Juifs directement des camps d’Allemagne jusqu’en Palestine, sans que les Anglais ne s’en rendent compte est loin d’être convaincante… Autre point discutable, le film montre qu’à l’origine la plupart des juifs sionistes militants étaient des activistes d’extrême droite n’hésitant pas à tuer et massacrer pour leur cause, contrairement à l’époque actuelle ou seuls les colons sont décrits comme extrémistes. Même l’armée d’occupation est montrée comme respectueuse des droits de l’homme et prise entre le feu des extrémistes des deux bords. Or la réalité est tout autre, la majorité de la population israélienne est acquise aux thèses racialistes et colonialistes des fondateurs du sionisme, quant aux soldats israéliens pour qui le meurtre de civils palestiniens n’est pas un problème, leur triste réputation n’est plus à démontrer. Ce cruel état de fait n’est que la conséquence de la création d’une entité dont les fondations reposent sur l’expulsion d’un peuple et les massacres de masse. En dernier point, Il est regrettable que la figure du palestinien oscille entre l’arabe soumis et fataliste, le fanatique religieux ou le terroriste repenti devenu pacifiste.

Il aurait été judicieux de représenter un autre visage, celui du résistant armé, légitime et héroïque, luttant contre l’occupant, mais c’eut été trop demandé à cette œuvre qui est sans doute allé aussi loin que les limites de la censure sioniste le permettait…

Interview et débat avec Peter Kosminsky :

 

 

Claude Goasguen – ACTION: Contre la propagande Canal +:

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12 décembre, 2015 Actualité, Actualité Culturelle
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