Akkad et son voyage avec le film « le Message »
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Akkad et son voyage avec le film « le Message »

Film le MessageIl y a plus de 17 ans le réalisateur syrien de renommée mondiale, Mustapha Akkad, a visité l’Iran. C’était l’occasion pour la presse iranienne de faire de nombreuses interviews avec lui, durant lesquelles il a partagé ses sentiments et les difficultés rencontrées lors du tournage du film « Le Message ». Il a également fait part de ses entretiens avec l’imam Moussa Sadr pour réaliser le film sur l’Imam Ali (p). La source de cet entretien est le site de la chaine Iranienne ifilm qui est en arabe, le centre Zahra a voulu traduire ces entretiens. En l’an 2005, en Jordanie, Akkad décéda dans des conditions effroyables avec sa fille suite à l’explosion perpétrée par le groupe de Zarqaoui, chef d’Al-Qaïda en Iraq à l’époque. L’explosion eut lieu dans un hôtel où se tenait un mariage.

« Qui est Akkad ? » Akkad : « – Je suis d’origine syrienne, né dans la ville d’Alep en 1930 et depuis mon plus jeune âge, je suis fasciné par le cinéma, c’est pour cette raison que j’ai voulu devenir réalisateur. Dès l’âge de 18 ans, je me suis rendu aux États-Unis dans la ville de Los Angeles pour étudier à l’université de Californie (U.C.L.A). Suite à mes études, j’ai décidé de rester vivre là-bas, j’ai pu participer à la réalisation d’une vingtaine de films américains. J’ai travaillé en tant qu’assistant de grands réalisateurs ».

« Je ne suis pas un génie ! » « Lorsque j’ai voyagé aux États-Unis, j’étais stupéfait par le haut niveau artistique ainsi que les moyens cinématographiques et financiers mis en œuvre dans la réalisation de films. Je me suis donné beaucoup de mal et après un certain temps, j’ai acquis beaucoup d’expériences, j’ai donc développé une grande confiance en mes capacités, au point d’entrer en concurrence avec beaucoup d’autres. Je ne suis pas un génie, mais j’ai une telle confiance en mes capacités que je peux concurrencer les autres dans ma catégorie ».

« Akkad et les régimes Arabes. » « Après la réalisation des films « Le Message » et « Omar Mokhtar », je peux dire qu’on peut s’enrichir de la qualité de ces films historiques et religieux pour réaliser d’autres films, mais malheureusement je n’ai pas trouvé encore de bons producteurs pour mes projets. Je le redis encore une fois, je suis prêt à commencer le travail et les scénarios sont prêts excepté que je n’ai pas trouvé de producteur. Ceux qui me sollicitent veulent que je fasse un film sur eux, les rois, les présidents et même les ministres ! Ils veulent que je réalise des films sur leurs ancêtres et leurs régimes, et cela m’est insupportable, je ne veux pas me mêler de la politique. Je veux dire que je veux que les sujets de mes films concernent le monde musulman dans son entièreté, et je souhaite que cela reste ainsi !

« Le vrai visage de la colonisation. » « Lorsque j’ai réalisé le film « Omar Mokhtar », je ne cherchais pas à obtenir un Oscar ou autre chose en échange. Je cherchais juste à montrer le vrai visage de la colonisation occidentale, un visage détestable ! Le film « Omar Mokhtar » était un film documentaire qui accusait l’Occident de fascisme. Et c’était cela mon but. Les distributeurs italiens ont boycotté la diffusion du film au début, mais lors de la cérémonie des films étrangers, on m’a invité en Italie en 1994 pour présenter mon film qui a eu un franc succès.

Film le Message

« Vive Bilal ! »

Bokassa, président de la République centrafricaine s’est converti à l’Islam et a changé son nom par Salah Dine « Saladin ». A cette époque, il était un allié de Kadhafi. Un jour, on m’a contacté de Lybie pour me dire que Kadhafi comptait partir en République centrafricaine lors de la cérémonie officielle de conversion du président Bokassa. A cette occasion, ils souhaitaient que je leur fournisse une copie du film « Le Message ». Lors de cette journée, on avait placé un grand écran dans un stade. Kadhafi était à côté de Bokassa et il y avait une grande foule. Le film fut projeté et à chaque apparition de Bilal, les voix s’élevaient en scandant la grandeur de Dieu et l’attestation de foi.

« L’imam Moussa Sadr et Akkad. »

Avant que je réalise le film, j’ai rencontré un jour l’imam Moussa Sadr, je lui ai demandé s’il pouvait m’aider à réaliser le film « Le Message ». Il me répondit qu’il était d’accord pour m’aider à condition que je fasse un film sur l’Imam Ali après celui du Messager. Je lui ai répondu positivement mais pas sans condition. La première était de convaincre les sunnites de montrer la personnalité de l’Imam Ali dans le film (je n’ai pas cité les chiites car pour moi, ça ne les dérangeait pas de montrer le visage de l’Imam Ali). Ma deuxième condition était que ce soit lui (Imam Sadr) qui joue ce rôle. L’Imam Sadr dégageait un charisme, une personnalité spéciale. Malheureusement, il était clair qu’il n’y participerait pas et il m’a dit que les chiites n’accepteraient pas de montrer le visage de l’Imam Ali dans le film.

« Les portes qui se ferment ! »

J’ai eu beaucoup de difficultés à réaliser le film, l’arrêter était hors de question. Nous avons eu le soutien de l’université d’el-Azhar et du Haut Conseil Chiite Libanais. Il ne nous manquait que le soutien de la ligue mondiale islamique en Arabie Saoudite, qui est très rigoriste. Ses membres pensent que tout le monde est athée, ils ont la même opinion de l’université d’el-Azhar ! On a essayé de discuter avec eux mais sans résultat. En fin de compte j’ai commencé mon travail sans avoir leur soutien.

« Le Roi Fayçal fait expulser Akkad du Maroc. »

J’avais commencé le tournage au Maroc et à la moitié du tournage du film, on me contacta, c’était le bureau du roi Hassan II. Je suis allé le rencontrer, il me fit lire un télégraphe expédié par le roi saoudien Fayçal, le message était le suivant : « S’il continue à tourner le film (« Le Message »), je n’assisterai pas au sommet islamique à Rabat ». Le roi Hassan II était dans une position délicate, je savais qu’il ferait passer le sommet avant le film. Le roi Fayçal était un roi puissant à cette époque. Ils nous ont fait comprendre qu’on avait que trois jours pour partir avec notre matériel et notre décor. J’ai essayé par la suite de contacter de nombreux pays, même des pays européens comme l’Espagne, Malte, la Grèce, Chypre mais la réponse était toujours négative. La seule alternative qui nous restait était la Libye. Nous avons chargé le matériel dans un bateau, j’ai demandé à mon équipe de m’attendre au port et j’ai pris un avion pour la Lybie pour rencontrer Kadhafi pour la première fois. Je lui ai expliqué tout ce qui s’est passé et il vit des séquences du film. Il accepta finalement qu’on tourne le film en Lybie en endossant pleinement la responsabilité.

« La langue du Coran. »

La raison première pour laquelle le film est en deux versions, en langue anglaise et en arabe, sachant qu’en terme de coût, ce n’était pas avantageux pour moi, est que je voulais réaliser un film avec la langue du Coran, et jusqu’à présent j’ai plus envie de regarder la version arabe. Lorsque l’on entend « Dieu est Grand » en langue arabe (« Allahu Akbar »), cela a une signification plus profonde que la phrase  » God is Great « .

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18 juin, 2014 Actualité, Actualité Culturelle
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